11/25/2009

Ohhh

L'éditeur de Station Fiction, Sébastien Clarac, vient de m'envoyer le preview (comme on dit en bon français) de la couverture du #4 du fanzine, la Mission Boréal, 100% québécois (disponible pour le reste de l'univers ici). J'y publie une nouvelle, mais pas une inédite: il s'agit d'une version légèrement remaniée de Tous les échos, déjà parue dans le spécial SF de Zinc il y a quelques années.

Le sommaire semble alléchant: Dominic Bellavance, Jonathan Reynolds, Emilie C. Lévesque, Mathieu Fortin, des articles de Guillaume Houle, Ariane Gélinas et Carmélie Jacob.

Et avec une couverture de Martin Pelletier (qui a déjà fait quelques (1 - 2 - 3) couvertures de Brins d'éternité), on ne se trompe pas...

11/11/2009

Pub : Esker Mica

Ce vendredi 13 novembre, l'excellent groupe montréalais Esker Mica sera au Quai des brumes, à Montréal, à partir de 21h. J'y serai: il s'agit d'un des rares groupes québécois que j'aime (avec Seasonal Ad, Karcius et, dans une moindre mesure, Malajube, principalement pour leur dernier album), et j'ai tendance à écrire en écoutant certaines chansons en boucle (dont L'accident, disponible en écoute libre sur le site du band).

Il y aura probablement un frais d'admission de quelques dollars, mais eh, faut pas être radin, non plus.

11/10/2009

Thank You For The Evil

Je dois l'avouer, je n'aime pas trop Facebook. L'interface est brouillonne au mieux et m'enrage presque systématiquement, sans parler du fait que le site est volontairement conçu pour me faire perdre du temps (temps que je perds donc pour écrire ou pour m'occuper de Brins d'éternité. Et je suis déjà très bon pour le perdre par moi-même, mon temps). J'y vais un peu, évidemment, parce que c'est un incontournable, mais bon, j'essaie de limiter mes interactions avec cette technologie. Et quand je le fais, je n'en retire pas un plaisir incroyable.

Et bon, c'est peut-être enfantin, mais en tant qu'utilisateur convaincu de Linux (mais pas exclusif, je suis quand même un peu gamer, à mes heures (quoi que je joue quand même pas mal sur Linux)), j'ai été un peu dégoûté par cette pub qui est apparue en marge de mon compte Facebook:



Arrrrrrrrrh.

11/07/2009

Quelques nouvelles de Brins d'éternité

Deux nouvelles importantes à propos de Brins d'éternité.

- Le lancement du numéro 25 aura lieu le samedi 21 novembre, au Saint-Bock, à partir de 18h.

- À partir du numéro 26, la revue connaîtra plusieurs changements. Je vous invite fortement à aller consulter le site de la revue pour en prendre connaissance.

Et pour l'instant, c'est tout.

Bonne fin de semaine!

11/02/2009

Les cinq phases du processus fantastique

(Les liens entre le titre de ce billet et "Les cinq phases du travail créateur" de Didier Anzieu sont tout à fait fortuits)

Tout d'abord, je veux préciser que je ne présente pas ici une recette pour structurer le récit fantastique, mais plutôt un modèle opératoire qui généralise certaines tendances dans le processus fantastique. Il existe d'autres organisation tout à fait fonctionnelles pour décrire ce type de récit; mon but, ici, n'est pas de les décrire exhaustivement, mais de mettre en lumière certaines articulations dans la façon de créer un texte fantastique.

Je base mon observation sur ma propre expérience du fantastique, autant comme écrivain que comme lecteur (pour mon plaisir et pour Brins d'éternité). Je tire ma théorie d'un document, portant sur le processus d'adaptation en période de crise, dont ma soeur, qui étudie en éducation spécialisée, m'a parlé. Le document en question ne cite malheureusement pas ses sources, et les quelques recherches que j'ai entreprises pour les trouver ont été vaines. Mais comme le rapprochement avec la structuration d'un texte fantastique m'a semblé flagrante, je me permets de vous le présenter succinctement, en le paraphrasant pour le diriger autant que possible vers le fantastique.

Le document divise le processus d'adaptation en cinq phases : le choc, la négation, la détresse, l'adaptation ou l'inadaptation et le réorganisation.

Le choc est une situation inattendue à laquelle un personnage se voit confronté. Il peut y réagir de plusieurs façon, plus ou moins intensément. C'est, dans le texte fantastique, la première manifestation évidente et tangible de événement surnaturel.

L'étape de la négation constitue, comme son nom l'indique, un mécanisme de défense qui entraine un refus de l'événement ("Non, c'est pas possible", etc).

La détresse suit la négation. La situation est acceptée, mais pas encore rationalisée: on cherche une raison, un coupable. Le document note plusieurs comportements possibles dans cette phase: la culpabilité, la colère, le marchandage, la dépression, l'isolement...

L'adaptation ou l'inadaptation sont les deux avenues possibles: soit le personnage s'adapte à sa nouvelle situation, parvient à en tirer avantage ou à vivre avec ses nouvelles limites, ou il ne parvient pas à s'adapter et demeure dans la négation et la détresse.

La réorganisation, qui me semble plutôt consubstantielle avec l'adaptation, est une forme de clôture du processus, une ouverture, une conclusion.

La classification, évidemment, a ses limites et ses failles: un personnage parvenant à modifier son environnement pour faire cesser l'événement surnaturel (ou pour le modifier à son avantage) serait-il à classer dans l'adaptation ou l'inadaptation? (Je pencherais pour le premier, mais enfin).

Et évidemment, ce n'est pas tous les textes fantastiques qui répondent à ce schéma: certains sauteront pratiquement une étape sans que la qualité ou la crédibilité en souffre. Comme je le disais plus haut, mon but n'est pas de faire une grille imparable du texte fantastique, mais de me doter d'un outil qui me permettra d'en examiner quelques articulations. Voici donc.

Un défaut que je remarque souvent dans certains textes de fantastique que je reçois pour Brins d'éternité, c'est que le personnage qui est confronté à un événement surnaturel reste souvent coincé très longtemps dans l'étape du déni, avant d'aboutir, sans beaucoup de transition, vers une solution à son problème, ou alors à une abdication irrévocable quant à sa situation. Imaginez, par exemple, une version de Leave Me où, sur trois minutes, le personnage en passe deux à se dire que tout ça est vraiment trop fou, il doit rêver, ça ne peut pas être vrai... Le dosage dans la représentation de chaque phase me semble, en effet, primordial, autant par soucis de crédibilité psychologique que par intérêt pour l'équilibre narratif et esthétique du texte.

De plus, tel que mentionné plus tôt, il me semble que les cinq étapes du modèle que j'ai présenté se rapportent plus ou moins à cinq moment clés types du récit fantastique. Or, ce qui fait un bon texte fantastique, en plus de la qualité de la description et de la représentation de chaque étape du modèle, c'est la pertinence et la cohérence des transitions entre chaque phase. C'est à travers ces transitions, selon moi, que le texte fantastique tire ou non sa portée et sa crédibilité. Une nouvelle ou un roman qui ne parvient pas à rendre réaliste le cheminement de ses personnages dans la crise qu'ils vivent manque, la plupart du temps, l'objectif.

Voilà donc pour l'instant où j'en suis dans mes réflexions sur le sujet. J'amènerai peut-être quelques autre points pour continuer dans cette lancée ou pour revenir sur mes scabreuses déclarations.